La police multiplie les coups de filet dans la mafia

La police multiplie les coups de filet dans la mafia
Palerme, Catanzaro, Naples: l'incertitude politique donne des ailes aux policiers.



Lundi à Palerme, mercredi à Catanzaro et jeudi à Naples: en 48 heures, juste après les élections, les forces de l'ordre italiennes ont réalisé trois brillants coups de filets dans les milieux de la mafia et du crime organisé.

Dans la montagne entourant Catanzaro, en Calabre, les carabiniers ont pu arrêter mercredi Giuseppe Arena, chef indiscuté d'un puissant clan de la 'ndrangheta, l'organisation criminelle locale. Arena, 40 ans, en cavale depuis 5 ans, est à la tête de tous les trafics illégaux de sa province. En 2004, il avait échappé à un tir de bazooka, ordonné par ses rivaux, contre sa voiture blindée. Il s'était ensuite rendu responsable d'une longue traînée de règlements de comptes sanglants avant d'imposer sa suprématie. Sans se départir de son calme, il a demandé mercredi aux agents de poser avec lui pour la photo souvenir de son arrestation.

A Naples, la police a aussi démantelé jeudi une dangereuse bande de la camorrà spécialisée dans l'extorsion et la distribution de cocaïne. Salvatore Terracciano, le chef du clan, et 9 de ses complices dont ses 4 soeurs ont été mis sous les verrous.

Ces opérations suivent la capture retentissante, lundi près de Palerme, de Bernardo Provenzano, le «parrain des parrains» de la mafia dont la clandestinité, dans son village natal de Corleone, aura duré 43 ans.

Vivant dans la pauvreté absolue, Provenzano dirigeait ses affaires à l'aide d'un réseau de postiers qui faisaient parvenir ses ordres chiffrés aux «hommes d'honneur» à sa dévotion.

Selon la police, il a été trahi par un colis de vêtements, nettoyés et repassés, que les enquêteurs ont suivi pendant 48 heures jusqu'à ce qu'il parvienne à la cabane où il résidait.

Son arrestation ne cause qu'un préjudice relatif à la mafia: Matteo Messina Denaro et Salvatore Lo Piccolo, les héritiers, auraient déjà pris la relève. A-t-il bénéficié d'une couverture politique? Certains le pensent. Parmi les documents saisis dans la cache de Provenzano figurent en effet des tracts politiques signés par Salvatore Cuffaro, élu sénateur dans les rangs de l'Union du centre (UDC), alliée de Berlusconi. Cuffaro vient d'être renvoyé en jugement pour connivence avec la mafia.

La Sicile, fidèle à Berlusconi

L'ombre de Berlusconi plane sur la Sicile: c'est sur cette île qu'il a bâti Forza Italia, son parti, en utilisant la structure, le personnel et les techniques de Publitalia, sa régie publicitaire. La cheville ouvrière n'est autre que le sénateur Marcello Dell'Utri, réélu lundi et condamné il y a peu à 9 ans de réclusion pour appartenance à la mafia. Son immunité parlementaire le protège de l'arrestation.

On sait qu'aux élections de 2001, les «parrains» avaient signé un pacte de non-agression avec Forza Italia, lui assurant le succès aux urnes et le contrôle de l'administration dans l'île contre la «paix» pour mener ses affaires. Cinq ans après, la mafia n'est pas satisfaite du service rendu par la majorité sortante. La présence policière trop évidente dans l'île demeure, à ses yeux, une entrave aux trafics illicites.

Le consensus électoral de Berlusconi est à la baisse en Sicile, région où cependant il domine encore. Les Siciliens bien informés affirment que si l'arrestation de Provenzano, sous haute surveillance depuis des semaines, avait eu lieu avant les élections, Berlusconi aurait - d'office - perdu l'île.

© La Libre Belgique 2006

# Online seit Dienstag, 25. April, 2006 um 08:42

Cosa Nostra à la recherche d'un nouveau chef

Cosa Nostra à la recherche d'un nouveau chef
14 avril 2006

Les paris sont ouverts

Les medias italiens ont lancé les paris pour deviner l'identité du nouveau chef. Deux personnages, membres du « directoire » de Provenzano et en cavale depuis de nombreuses années, ont les faveurs des spécialistes. Le premier, Matteo Messina Denaro, 44 ans, « chef » de la province de Trapani, à l'extrême nord-ouest de la Sicile, demeure un « outsider » car il n'est pas originaire de la capitale Palerme et semble trop jeune pour prendre les commandes. Le second, Salvatore Lo Piccolo, 63 ans, « a davantage de qualités pour succéder à Provenzano car il est le plus puissant à Palerme et partage la ligne actuelle de l'organisation », prédit Antonio Ingroia.


Mais certains imaginent aussi un scénario surprise. « Sous le règne de Provenzano, on est passé d'une époque où entrepreneurs, médecins et politiques aidaient seulement la mafia, à une époque où ils en font directement partie », explique Giuseppe Ayala. « Il faut se demander si les temps ne sont pas mûrs pour que le nouveau chef soit une personne « respectable » avec un existence légale dans l'économie par exemple», ajoute l'ancien magistrat. « Dans ce cas de figure, la lutte serait encore plus difficile car ce personnage serait beaucoup plus difficile à identifier, et donc encore plus insaisissable », conclut-il.

©LeFigaro.fr
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# Online seit Dienstag, 25. April, 2006 um 08:34

Geändert am Dienstag, 25. April, 2006 um 09:11

La chute de Provenzano ne signe pas la mort de Cosa Nostra

La chute de Provenzano ne signe pas la mort de Cosa Nostra
mercredi 12 avril 2006


La chute de Bernardo Provenzano, le parrain sicilien, au terme de 43 ans de cavale ne porte pas un coup mortel à Cosa Nostra mais risque de déclencher une guerre de succession sanglante, à moins que ses héritiers putatifs ne réussissent à maintenir la "pax mafiosa".

Provenzano, dit "Binnu le Tracteur" en raison de la férocité avec laquelle il écrasait ses ennemis, a été capturé mardi sans coup férir dans la modeste ferme des environs du village légendaire de Corleone (Sicile) où il se cachait.

Trois hommes soupçonnés d'avoir contribué à "couvrir" récemment les traces du parrain sicilien ont été appréhendés à Corleone mais ce sont de simples pions, pas de gros bonnets.

L'intéressé, qui est âgé de 73 ans, a, quant à lui, été exfiltré par avion de son île natale pour être écroué à la prison de haute sécurité des environs de Terni, dans le centre de la Péninsule, a annoncé la Rai.

"Il ne faudrait pas faire l'erreur de croire que l'arrestation du parrain incontesté de Cosa Nostra va signifier le début de la fin de la mafia", confie à Reuters Antonio Ingroia, magistrat spécialisé dans la lutte contre le crime organisé en Sicile.

"Provenzano n'était pas toute la mafia, il était un point de référence. Il était aussi moins chef de clan et tyran que ses prédécesseurs".

Pour Ingroia, l'interception du chef mafioso, survenue alors que l'Italie connaissait un certain vide politique après les législatives des 9 et 10 avril, est un brillant succès pour les carabiniers mais deux héritiers putatifs peuvent d'ores et déjà prétendre à lui succéder: Salvatore Lo Piccolo et Matteo Messina Denaro.

Comme leur maître et mentor, ces deux hommes sont entrés dans la clandestinité depuis de longues années: 1983 pour le premier, 1993 pour le second.

QUEL AVENIR POUR LA "PAX MAFIOSA"

Lo Piccolo, chef d'une mafia du quartier palermitain de Resuttana, est âgé de 63 ans. Il a la réputation d'appartenir à l'"ancienne école" de Cosa Nostra et d'être le plus proche de son mentor ces dernières années.

Messina Denaro, originaire de Castelvetrano, dans l'est de la Sicile, n'a que 46 ans. Il traîne une réputation de playboy en raison de son amour immodéré pour les voitures de sport, les femmes et les montres en or.

"Il existe déjà une génération de cinquantenaires prêts à prendre la relève", prévient le juge Ingroia.

De l'équilibre interne de la mafia sicilienne dépendra une guerre ou non au sein de Cosa Nostra, estiment les spécialistes de la question.

Interrogé sur l'éventualité d'une guerre des clans, Piero Grasso, procureur antimafia au niveau de toute l'Italie, répond: "Je suis moi-même sicilien, j'adore cette île et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'éviter. Mais tôt ou tard, le vide laissé par l'arrestation sera comblé".

Pendant ses 13 ans de "règne" à la tête de Cosa Nostra, Provenzano a imprimé un style moins brutal, plus décontracté pour échapper aux foudres de la police. Les spécialistes ont parlé à cet égard de "pax mafiosa" marquée par la fin de la confrontation directe avec l'Etat et des assassinats de ses représentants.

"Aujourd'hui, la mafia ressemble plus à une fédération qu'à un Etat autoritaire", note Ingroia. Provenzano a institué une sorte de directorat composé de quatre à sept personnes se réunissant très peu, uniquement lorsqu'il faut prendre des décisions stratégiques.

Mais dans une organisation comme la mafia, insiste le magistrat, le parrain doit toujours être au-dessus des autres si l'on veut que la structure tienne et tout dépendra maintenant de la capacité du successeur du "Tracteur" à imposer son autorité tout en jouant la carte du consensus.

Aujourd'hui, les enquêteurs attendent de voir si la "pax mafiosa" imposée par l'ancien reclus de Corleone tiendra ou volera en éclats.
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# Online seit Dienstag, 25. April, 2006 um 08:28

L'arrestation de Bernardo Provenzano, 11 avril 2006

L'arrestation de Bernardo Provenzano, 11 avril 2006
«Oui, je suis Bernardo Provenzano»


Après 43 ans de clandestinité, le patron de la mafia sicilienne, successeur de Toto Rina, a été cueilli mardi par la police dans une ferme des environs de Corleone.


Il était recherché depuis... 1963! Bernardo Provenzano, le chef suprême de la mafia sicilienne, en fuite depuis 42 ans, a été arrêté mardi matin à quelques kilomètres de Corleone, dans le centre de la Sicile.

Alors que l'Italie vivait depuis lundi après-midi un suspense électoral de tous les instants, l'arrestation du boss mafieux par une cinquantaine de policiers d'élite, immédiatement confirmée par la justice italienne, a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Le président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, a téléphoné au ministre de l'Intérieur, Giuseppe Pisanu, pour le féliciter «très vivement» et a également remercié le chef de la police, Gianni de Gennaro, pour ce «très très beau coup de filet». «On ne peut que se féliciter de l'arrestation du plus dangereux de tous les représentants de la mafia», s'est exclamé, à peine remis de sa nuit électorale, Piero Fassino, le leader des démocrates de gauche, principal parti de la coalition de l'Olivier conduite par Romano Prodi.

L'arrestation a eu lieu dans une ferme, à quelques kilomètres de la petite ville de Corleone, considérée comme l'épicentre de la mafia sicilienne, dont le nom a inspiré celui de la famille de la saga du «Parrain», le film de Francis Ford Coppola. En jeans et tee-shirt, non armé et seul, Bernardo Provenzano n'a pas opposé de résistance. Dans un premier temps, il aurait refusé de reconnaître son identité, très vite confirmée par la direction nationale antimafia à Rome. Après avoir nié, il a admis «oui, je suis Bernardo Provenzano».

Le patron aurait été trahi par un «pizzino», ces messages codés griffonés sur des bouts de papier utilisés par les mafieux pour s'échanger des messages. D'après le quotidien «La Repubblica», Bernardo Provenzano en avait plusieurs dans ses poches.
Dans la ferme où il a été arrêté, et où il semble qu'il vivait dans un isolement quasi-total par souci de sécurité et de discrétion, la police a retrouvé une machine à écrire et de nombreuses lettres.

Originaire de Corleone, pas loin de Palerme, Bernardo Provenzano, né le 31 janvier 1933, était passé à la clandestinité trente ans plus tard, en 1963! Agé aujourd'hui de 72 ans, il était devenu le chef suprême de Cosa Nostra après l'arrestation en janvier 1993 de Toto Riina, commanditaire des assassinats, en 1992, des juges antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. De lui, l'ancien boss de la mafia Luciano Liggio, également originaire de Corleone, disait qu'il «tirait comme un ange».

Fin 2003, sa présence avait été signalée dans une clinique de Marseille, en France, où il était venu se faire opérer d'une tumeur à la prostate sous un faux nom. C'est sur la base de témoignages recueillis auprès de médecins de la clinique que l'actuel procureur national anti-mafia, Piero Grasso, avait fait diffuser en 2005 un portrait robot de Provenzano, présenté comme un homme malade de 1,65 mètre, pesant 68 kg et portant une cicatrice au cou. Puis, plus rien, jusqu'à la fin du mois de mars dernier, où son avocat, Salvatore Traina, avait annoncé sa «mort depuis plusieurs années». «J'en ai la conviction», avait-il assuré, «elle est fondée sur des éléments solides».

Le nom de Bernardo Provenzano apparaît dans des centaines de procédures pénales et a été cité autant de fois dans les procès anti-mafia depuis le début des années 1980. Tous les «boss» repentis de Cosa nostra ont rapporté son nom et raconté aux juges le rapport très complexe «d'amour-haine» qu'il a entretenu pendant un quart de siècle avec l'ex-patron de la «cupola» (le «parlement» de la mafia sicilienne), Totò Riina, sous les verrous depuis 1992. Provenzano appartenait initialement à la bande de Luciano Liggio de Corleone, dont faisait également partie son «concurrent» Totò Riina, et a commis ses premiers meurtres au début des années 1960, lors de la guerre qui a opposé le clan corleonais au clan palermitain des Navarra.

Connu sous le nom de «Zu Binu» en dialecte sicilien ou «u tratturì», le tracteur, pour sa détermination sans failles, il était donc jusqu'à mardi matin le chef suprême de la mafia. Mais son visage était ignoré de la plupart de ses collaborateurs et «soldats» du clan corleonais, Bernardo Provenzano ne communiquant que par ces messages codés envoyés à ses rares hommes de confiance. «La capture de Bernardo Provenzano est l'extraordinaire résultat d'un travail discret, patient, déterminé et professionnel», s'est félicitée la direction régionale antimafia, ajoutant que Provenzano assurait bien «la direction opérationnelle» de la mafia jusqu'à mardi matin. «L'Etat est bien là et continue de remplir son rôle», a pour sa part déclaré le procureur antimafia Piero Grasso dans une allusion à peine voilée à ceux qui doutaient de la volonté des autorités de mettre fin à la longue carrière criminelle de Bernardo Provenzano

©Libération.fr

# Online seit Dienstag, 25. April, 2006 um 08:16

Brusca, l'un des chefs de Cosa Nostra, arrêté

Brusca, l'un des chefs de Cosa Nostra, arrêté
22 mai 1996

GIOVANNI BRUSCA, l'un des parrains les plus féroces de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, a été capturé au terme de trois ans d'enquêtes. Notamment accusé d'avoir appuyé sur le détonateur de la bombe qui avait pulvérisé la voiture du juge Falcone à Capaci en mai 1992, Brusca, « l'héritier » direct de Toto Riina (arrêté il y a un an), a été immédiatement incarcéré à la prison de Palerme. Plus de quatre cents agents avaient été détachés par la direction antimafia de Palerme et expédiés en pleine campagne, à deux pas de Agrigento, là où se cachait « la terreur de Cosa Nostra ».

Il était environ 20 h 30, Giovanni Brusca regardait la télévision avec sa femme et son fils âgé de trois ans. Ironie du sort, ce soir-là, Canale Cinq projetait le film de Giuseppe Ferrara, « Giovanni Falcone » ou les derniers jours de ce magistrat. Giovanni Brusca n'aura pas eu le temps de voir l'acteur qui le remplaçait à l'écran. Quatre coups de feux ont éclaté, la porte a été enfoncée, les vitres des fenêtres ont volé en éclats, tandis que vingt à trente policiers, armés jusqu'aux dents, entraient dans la petite maison cachée derrière les dunes sableuses.

Brusca, un tueur sans pitié, qui n'hésita pas à étrangler froidement un enfant de onze ans coupable d'être le fils d'un repenti Santino di Matteo, l'un des fidèles lieutenant du clan Corleone, avant de passer de l'autre côté de la barricade. Pour effacer les traces de cet assassinat, Brusca avait plongé le cadavre du petit Guieseppe dans un bain d'acide. Brusca est l'un des boss de cette Cosa Nostra que l'on dit aujourd'hui incapable de redevenir mafia politique. Un homme violent qui choisissait impitoyablement de quelle façon devaient mourir ses victimes : la corde, une rafale de P38 ou de kalachnikov, ou encore, le TNT comme pour le juge Falcone.

Le 23 mai 1992, Brusca s'était caché sur les collines qui surplombent la sortie de l'autoroute de Capaci où devait passer la voiture du juge. Il attendait son heure, le doigt prêt à presser le bouton de la bombe au TNT programmée pour 17 h 58. Depuis cet assassinat, Brusca était en cavale. Les Corleone avaient entamé une guerre sans pitié contre l'Etat italien. Milan, Florence, Rome, trois villes, trois bombes au TNT. Puis une opération antirepentis, au cours de laquelle Brusca étrangle le père de l'un d'entre eux, Gioacchino La Barbera, avant d'obliger Antonino Gioé, l'un de ses proches, à se passer la corde au cou pour éviter que sa propre famille ne soit assassinée par les Corleone. Et la liste s'allonge. Brusca enlève et torture à mort les amis de Balduccio Di Maggio, un autre repenti ayant dénoncé Toto Riina.

Depuis un an, ce monstre vivait dans l'isolement total, entouré d'un peloton de « piccioti » (les petits) armés de mitraillettes, de missiles et de TNT, élevés dans le respect des Corleone par Leoluca Bagarella, autre parrain arrêté l'été dernier. Il préparait d'autres assassinats « excellents », pour essayer probablement de reprendre la situation en main.

www.humanite.fr©

# Online seit Sonntag, 11. September, 2005 um 12:20