Alors que la Mafia sicilienne des "vieux" prospérée avec leur importations de drogues vers les Etats-Unis. Des conflits vont se développer entre familles de Palerme. Originaire de Corleone, Luciano Leggio, dit Luciano Liggio s'impose à la tête de sa cosca en faisant assassiner en 1958 le Docteur Michele Navarra, parrain alors tout-puissant de Corleone (qui cumule les fonctions de médecin-chirurgien attitré des chemins de fer italiens, de directeur de l'hôpital Dei Bianchi de Corleone et de président de la coopérative des agriculteurs et des caisses maladie et des mutuelles des villages de Corleone, Misilmeri, Bolognetta et Lercara Friddi.
Dans les années 60, Liggio s'assure le soutien de deux proches de Giulio Andreotti : le député démocrate-chrétien Bernardo Mattarella, qui sera par la suite ministre du commerce extérieur, et Vito Ciancimino, maire de Palerme en 1971, ancien adjoint aux travaux publics de son prédécesseur, Salvo Lima, autre vieux compagnon de route de Cosa Nostra (qui sera assassiné en 1992). En 1971, Liggio assassine lui-même Pietro Scaglione, le procureur de Palerme jugé responsable de l'émission d'un mandat d'arrêt à son encontre. En mars 1974, il sera quand même interpellé et incarcéré. La direction des Corleonesi revient alors à Salvatore Riinà. Mais la légende veut que c'est depuis sa cellulle que Luciano controlait la famille de Corleone. Son ombre planait au dessus de la coupole.